samedi 21 novembre 2009

Antifa

- Les slogans de l’extrême-droite sont stupides. Vraiment, stupides. J’ai honte de vous les traduire tellement ils sont stupides. Franchement, je ne comprends pas qu’on puisse y adhérer.
Et oui mon gars. Tu ne comprends pas. Et en même temps, tu viens de traiter une part non négligeable de tes concitoyens – ceux qui votent pour cette « extrême-droite » avec laquelle tu nous bassine les oreilles – de « stupides ».
Ne me demandez pas ce que je fais là, mais il se trouve que je me suis retrouvé embarqué dans une conférence sur la montée de l’extrême-droite, le sous-entendu logique étant : comment lutter contre. Enfin bref, je me retrouve sur un siège super confortable à écouter des gens super intelligents venus des quatre coins de l‘Europe nous parler du danger représenté par l’extrême-droite.
Une chercheuse allemande – je suppose qu’elle doit être sociologue ou un truc dans le genre – nous fait toute une description de l’extrême-droite européenne d’aujourd’hui, son idéologie, ses méthodes. Chose étrange, elle n’a pas un mot pour parler de l’internet. Elle nous parle du refus du multiculturalisme, des stratégies d’européanisation, mais rien sur le terrain privilégié de progression de l’extrême-droite aujourd’hui. C’est une belle femme. Elle doit avoir dans les trente-cinq ans, blonde. Rien ne me permet de l’affirmer avec certitude, mais j’ai le sentiment qu’elle fait partie de ces allemandes modernes qui ne font pas d’enfant. Pour leur carrière.
- En France, pendant la guerre, il y a eu la division Charlemagne, des français qui ont servis sous l’uniforme SS pour se battre au coté des allemands, notamment sur le front russe.
Tiens, on ne parle plus anglais tout d’un coup. Ah, oui, un français a pris la parole. Nettement moins agréable à regarder celui-là d’ailleurs.
- Une fois démobilisé, les membres de cette division ont formés une multitude de groupes d’extrême-droite qui, dans les années 70, se sont regroupés pour former le Front National. Et aujourd’hui que Jean-Marie Le Pen est trop vieux, ces groupuscules se reforment.
Et vlan ! Un reducto ad hitlerum comme on n’en fait plus depuis longtemps. En plus, c’est complètement faux. Quel lien entre la Division Charlemagne et le mouvement poujadiste ? Aucun. Quel lien entre celui-ci et les groupes comme Occident ? Aucun. Et quel lien entre Occident et la nouvelle extrême-droite d’aujourd’hui, celle du Bloc Identitaire, d’Egalité et Réconciliation ou de François Desouche ? Aucun. Le seul lien qu’on pourrait trouver est par la Nouvelle Droite d’Alain de Benoist, mais celle-ci n’a jamais été qu’un mouvement purement intellectuel. Vous imaginez Alain de Benoist ou Hank en hooligans, vous ?
Ce type n’a pas la moindre idée de ce dont il parle. C’est un ignorant complet. Il se contente de déverser sa logorrhée verbale gauchiste. Cet homme est la personnification par excellence de la pensée dominante. Lui, et celui du début qui estimait que tous ceux qui ne pensent pas comme lui sont des crétins. Il n’y a guère que la sociologue allemande qui relève un peu le niveau, et pas seulement du point de vue physique : même si elle est à coté de la plaque sur pas mal de points, elle n’en a pas moins menée une véritable étude sur les groupuscules d’extrême-droite d’outre-Rhin. Etude incomplète, étude qui manque le plus important, mais c’est toujours mieux que les élucubrations des autres.
Un américain prend la parole. Je ne comprends pas très bien ce qu’il fout là, mais il commence par nous passer une petite vidéo de deux minutes. Des images de Martin Luther King. I have a dream. Mais quel est l’intérêt de cette vidéo ? J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour King, qui a su libérer les siens d’une tyrannie raciste ignoble, mais pourquoi nous montrer cette succession d’images ? Tiens, l’américain commence à parler.
- Vous les européens, vous avez oublié les leçons de Martin Luther King. C’est vous qui êtes responsable de l’esclavage, autant que les américains. Même ceux qui n’y ont pas directement participé. Par exemple, le fer qui servait à faire les chaînes des esclaves était acheté à la Suède.
Mais de quoi ce type et-il en train de parler ? Les européens n’ont pas tiré les leçons de King ? Mais peut-être bien parce qu’il était américain, non ? King est un produit de l’histoire américaine, qui concerne les Etats-Unis. Il y avait de la ségrégation en France peut-être ? Pendant que King luttait pour ses droits, un noir était numéro deux de l’Etat français, le genre de détails que monsieur le gauchiste amerloque a de toute évidence oublié.

Pause-déjeuner.

En tant que participant à la conférence, j’ai droit à un repas gratuit. J’insiste bien sur le fait que je n’ai rien payé, tout m’a été gracieusement offert par la mairie, comme pour tous les participants. Un serveur en nœud papillon m’indique une table où m’assoir. On me sert des plats absolument succulents. Le vin est offert. J’ignore tout du nom des plats qu’on m’a servit, mais ils étaient excellents. Les loufiats en smoking apportent successivement les plats, et finissent par le café. J’en prends deux, c’est une condition nécessaire si je ne veux pas m’endormir sur ma chaise.
Tout, pour tout le monde, a été payé par la mairie.
« En 1789 ils ne devaient pas se douter que Versailles existerait encore aujourd’hui dans les collectivités locales. » C’est Marie-Thérèse Bouchard qui me dit ça quand je lui raconte la blague qui m’a fait office de journée.
Cette fille a, comme toujours, mille fois raisons.
Toute cette conférence est indécente. Si le FN voulait faire une caricature de ce qu’est un sommet contre l’extrême-droite, je ne suis pas sûr qu’ils oseraient aller jusque là.
Et pendant ce temps là, à quelques centaines de mètres, des gens vivent dans la rue. Pendant que je me fais servir des mets succulents, des gens perdent leur emploi et voient leurs moyens d’existence menacés.

Désormais, c’est groupe de travail. Je me retrouve, avec une amie, à la table de l’allemande, avec une autre allemande, aussi bandante que la première malgré ses dix ans de plus. Personne d’autre ne vient, c’est une table sans traducteur, tout se fait en anglais. La médiocrité de l’enseignement des langues étrangères en France fait peur à voir. On parle de l’extrême-droite. Je dis ce que j’ai à dire. Je ne parle pas d’internet, pas par stratégie mais par oubli, mais essaie de leur expliquer que la meilleure opération de promotion du Front National de ces dernières semaines était le match Algérie-Egypte. Que si l’extrême-droite monte, ce n’est pas parce que les gens sont racistes ou fascistes, mais parce qu’ils veulent garder leur identité. Qu’il y a des gens qui souffrent du multiculturalisme, des enfants qui se font agresser dans la cour de récréation parce qu’ils sont blancs et blond. Je dois expliquer à mon amie que le débat sur l’identité national, avec la promotion du multiculturalisme et de l’immigration par le gouvernement qui va avec, fait hurler de rire toute l’extrême-droite française, et n’est absolument pas une opération de débauchage des dernières voix du Front National.
Et ces dames, expertes ou supposées tel, de l’extrême-droite, qui travaillent et vont donner des conférences dans des pays étrangers sur le sujet, apprennent des choses. Je leur apprends des choses. Alors qu’il suffit de lire le blog francophone qui a la plus large audience, Desouche en l’occurrence, pour le savoir.

Ces gens ne comprennent rien. Ils vivent coupés du monde dans leurs conférences payées par le contribuable, servis par des loufiats, protégés par des vigiles et par la police. Ils sont entre eux, vivent entre eux, parlent entre eux, et n’ont pas la moindre idée de ce qui se passe dans le monde réel.
Je n’ai même plus la force des les haïr. Je n’ai même plus l’envie de leur souhaiter de finir piétinés par une foule en colère. Je n’arrive même plus à rêver de voir ces deux femmes tester à répétition et contre leur gré la supériorité du sperme issu de la diversité.
En une journée, elles ont réussie à me casser le moral.
Ce pays est foutu. On ne le sauvera pas contre son gré, et il n’a aucune envie d’être sauvé. Au contraire, l’Occident tout entier cours vers le précipice en chantant.
Une autre femme débarque. Elle est la preuve vivante que la ménopause n’empêche en rien une femme d’être belle. Et ses fringues doivent valoir à peu près autant que six mois de mon budget nourriture.
- J’ai toujours combattu le racisme et l’antisémitisme, qu’elle me dit. Depuis que je suis étudiante. Alors quand j’ai su que cette conférence avait lieu, je me suis inscrite immédiatement. Malheureusement, je n’ai pas pu ne pas aller au travail ce matin.
Je lui souris. Elle me regarde avec un air attendris. Pendant un moment, je me demande si je ne devrais pas essayer de mettre en avant mes origines diverses pour gagner ses faveurs. Mais je ne le fait pas. Non pas que coucher avec une femme qui a l’âge et les opinions politiques de ma mère me pose problème, mais je n’ose pas essayer. Pas les couilles, comme on dit. Cette femme restera un fantasme, ce qui aurait pu être si j’étais un Casanova. Bah, j’y survivrai.
Et là, j’ai l’illumination. Toutes ces étudiantes que vous voyez militer à la FSE, à l’UNEF, ou à ATTAC, et bien elles finissent là. Elles sont prof, avocates ou journalistes, elles s’habillent et se maquillent de façon à rester belle, votent socialiste et, afin de prouver qu’elles gardent leurs idéaux de jeunesse, vont de temps en temps à des conférences contre la faim dans le monde, le capitalisme ou le racisme.
Punaise, j’aurais au moins appris ça.

Fin des groupes de travail. Chaque modérateur présente ses conclusions. Les conneries habituelles. Lutter contre la discrimination. Ne pas tenir de discours politique qui puisse prêter le flan à l’extrême-droite. Ces gens ne comprennent toujours rien. Ce ne sont pas les discours qui sont d’extrême-droite, c’est la réalité. Tous les discours du monde ne peuvent rien faire contre le fait que des voitures aient brûlées par centaines et que des magasins aient été pillés pour fêter la victoire de l’Algérie. A un moment, j’éclate de rire en silence tout seul dans mon coin. L’allemande du début vient d’expliquer que pour lutter contre l’extrême-droite, il faut faire baisser le chômage et la pauvreté. Trop fort, non ? J’imagine que nos gouvernants n’y avaient pas pensés.
Une femme, trop vieille pour moi, prend la parole pour dire que le problème, en période de crise, c’est que les gens oublient les droits de l’homme, ils oublient d’être tolérants. Et oui ma vieille, quand les gens ont faim, quand les gens ont du mal à nourrir leurs enfants, le genre de chose que tu n’as pas dû beaucoup connaître dans ta vie vu le prix de tes fringues, ils oublient d’être tolérants. Le premier des droits de l’homme, c’est de manger, comme disait Chirac.

Mon voisin, un français, se met à me parler.
- Je ne sais pas comment tu fais pour suivre comme ça alors que tout est en anglais. Moi j’ai la traduction, mais toi, t’as rien, tu fais comment ?
Putain de connard. Il ne pourrait pas me vouvoyer ? Je ne connais ce type ni d’Eve, ni d’Adam, mais simplement parce que nous sommes supposés lutter contre l’extrême-droite ensemble, il se permet de me tutoyer. Je le hais. J’espère que ce type verra sa maison brûler avant de se faire lyncher quand la situation aura explosé.
Tiens, ma haine est revenue.

Serais-je à ce point dirigé par ma bite ?



Note : il va de soi que, mise à part les inévitables modifications opérées par ma mémoire et quelques ajustements nécessaires pour faciliter le déroulement narratif, tout ce qui est raconté ci-dessus est rigoureusement exacte.

vendredi 20 novembre 2009

Pas d'amalgame !

Elkabach, complètement à coté de la plaque. J'aimerai qu'il m'explique où il a vu ce "calme" dont il parle...


jeudi 19 novembre 2009

Plié en deux

J'ai vu ça dans la vitrine d'une librairie tout à l'heure. L'alliance du titre et de l'auteur m'a fait tellement rigoler que je n'en suis pas encore remit.

mercredi 18 novembre 2009

Jeux-vidéo

- Bon ben puisque c’est complet, pourquoi tu n’en profiterais pas pour venir tester le dernier Call of Duty ?
- Vendu.
Je n’imaginais pas que la séance de 2012 pouvait afficher complet vingt minutes avant le début, mais c’est bien le cas. Non pas que ça me traumatise outre mesure, je me suis surtout laissé embarquer vers ce film par obligation sociale. De toute façon, je le verrai bien plus tard. Et donc, au lieu d’aller me payer une bonne tranche de rigolade devant un navet, je me retrouve embarqué à jouer à Call of Duty Modern Warfare 2.
- Tu va voir, le mode multi-joueurs est une tuerie.
- Il y a intérêt, c’est leur marque de fabrique, non ?
- Oui, surtout que le mode solo est court, cinq heure de jeu seulement. Remarque, c’est court mais c’est bien. Tiens, je vais te montrer une mission avant, elle est carrément jouissive. Elle a provoqué une polémique au parlement britannique, et le jeu a été interdit en Russie à cause de ça.
- C’est quoi ?
- Une mission où tu dois jouer un terroriste et tuer le maximum de monde dans un aéroport.
- Classe.
On arrive chez lui. Les bières sont vite sortit, la console vite allumé. Mon pote lance la mission. Un groupe de types à qui je ne confierai pas ma petite sœur et armés de mitrailleuses sont dans un ascenseur. Ils sortent pour arriver derrière une file d’attente. Des passagers qui attendent pour embarquer. Deux flics tournent le dos aux terroristes. Un civil dit quelque chose. Le massacre commence.
Sauf que ce n’est pas jouissif. Pas, mais alors là pas du tout jouissif. C’est même plutôt le contraire qui se passe. Avec une beauté et un réalisme digne d’un grand film hollywoodien, je regarde mon pote massacrer des civils innocents par dizaine. Les gens courent pour tenter de sauver leur vie et se font abattre dans le dos. Des blessés qui tentent de se mettre à l’abri sont achevés. Les décors sont magnifiques, les portiques de sécurité sonnent, on se croirait réellement dans un aéroport. La police arrive. Affrontement à coup de mitrailleuse et de grenade. Mon pote fait une erreur et se fait tuer.
- Excellent, non ?
- Mouais. J’aime pas trop.
- Ah ouais ? Viens, on se fait le mode multi-joueurs.
Je m’installe dans le canapé, prend la manette. On commence par quelques missions en coopération. Tenir un siège à coup de fusil de sniper et de missile aériens. Nettoyer une favela. Couvrir mon pote depuis un avion ou un hélicoptère. S’infiltrer entre des patrouilles en les abattants discrètement de loin. Puis, finit la coopération et on s’affronte à coup de fusil d’assaut. Dans l’aéroport russe, dans l’immeuble d’une grande ville américaine, dans une base sous-marine.
Là c’est jouissif. Se retrouver à affronter d’autres types armés dans des décors somptueux, c’est un véritable plaisir. Et j’ai beau me faire humilier par mon pote, ça n’en reste pas moins un véritable plaisir. Néanmoins, une fois la soirée finit, en rentrant chez moi, je ne peux m’extraire d’un sentiment de malaise. Ce massacre, totalement gratuit, désolé mais c’est trop pour moi. Je ne suis pas pour la censure de jeux vidéos, tant qu’il y a marqué que c’est interdit aux moins de tel âge, c’est aux parents de prendre leurs responsabilités, même si j’étais le premier à violer allègrement les interdictions quand j’étais ado. Mais voir ça, non, stop, impossible. Il y a des limites.
Les mères la morale à la con et autres pseudo-psy de mes deux nous expliqueraient qu’il n’y a aucune différence entre jouer à un jeu vidéo où on doit tuer des ennemis qui sont en face avec des flingues, et un jeu vidéo où on doit tuer des civils qui attendent de monter dans un avion. Mais je suis désolé, non ce n’est pas la même chose. Non, il y a une différence absolument énorme entre tuer des types armés et tuer des gens qui pourraient être vous et moi, en attente d’embarquement.
Mais pourtant mon pote trouvait ça jouissif. Il n’est pas tiers-mondiste (on pourrait imaginer une jouissance à changer le point de vue pour prendre celui du pauvre), il n’est pas sadique, il n’a aucun problème mental apparent.

Non, en fait, c’est juste un jeune occidental moyen du 21ème siècle. Et à ce titre, il a, comme l’ensemble de ma génération, été complètement émasculé. Pas le droit d’être un homme, pas le droit de se battre, pas le droit de trouver un prolongement phallique dans un fusil d’assaut lors du service militaire. Du coup, le jeune occidental se trouve un phallus de substitution avec le jeu vidéo. Il fait quelque chose d’immoral, vu que faire la guerre, tuer des gens, est immoral.
Mais il le fait parce qu’il aime ça, parce que malgré le féminisme, malgré l’antiracisme, malgré le métissage, malgré tous les connards qui cherchent à tous prix à tuer le mâle blanc, celui-ci est toujours là. Il est là, et il est toujours l’héritier, même inconscient, des légions romaines, des guerriers francs, des croisés, des grognards napoléoniens, des poilus, ou des paras américains qui ont sautés vers la mort en Normandie. Le jeune occidental a la guerre et la violence dans le sang, et il a besoin de l’exprimer quelque part. Et comme on lui interdit de le faire dans la vraie vie, il le fait à Counter Strike.
Sauf que comme jouer à Counter Strike est immoral, et qu’il aime ça, il intègre qu’il aime quelque chose d’immoral. Et du coup, quand il se retrouve face à quelque chose de réellement immoral, il est incapable de s’en rendre compte.
Non, c’est juste jouissif. Au même titre qu’affronter des terroristes ou des soldats allemands, ou même des policiers ou des soldats américains, au même titre que tuer des monstres ou des zombies, massacrer des civils dans un aéroport est jouissif.

Et c’est peut-être ça notre plus grande défaite.

lundi 16 novembre 2009

Choquer


Je ne sais pas pourquoi mais ce matin m’est revenu en tête une pièce de théâtre que j’ai vu il y a de cela quelques années, trois ou quatre si mes souvenirs sont bons. C’était une adaptation de Massacre à Paris, de Christopher Marlowe (un collègue de Shakespeare), qui raconte la St Barthélémy. La première partie de la pièce était pas mal du tout, pour ne pas dire franchement bien : les acteurs étaient bons, la mise en scène originale et inventive, les décors intéressants. Bref, franchement un bon souvenir. De la première partie tout du moins. Parce que la deuxième…
Dans la deuxième partie, le metteur en scène avait voulu donner un aspect boite gay à sa pièce. Et du coup, pendant une heure, on voyait des mecs à poil se mettre la main aux fesses. Et c’était nul. Non pas que j’ai quoi que ce soit contre les homosexuels, ni contre l’existence de boites gay (mince, tant qu’ils ne m’empêchent pas de dormir et qu’ils le font derrière des murs, les gens peuvent bien faire ce qu’ils veulent). Non, c’est juste que voir des mecs à poil pendant une heure, c’est chiant. C’est tout.
Alors j’imagine bien la justification du metteur en scène. Il a dû vouloir choquer, pour provoquer une prise de conscience, et pousser à réfléchir. Réfléchir sur l’homophobie, sur le fait que les homosexuels sont des hommes comme les autres, et sans doute sur la faim dans le monde. Le problème, c’est qu’il n’a choqué personne. Par contre, il a emmerdé tout le monde de façon totalement gratuite. En plus, il a encore une fois dit que les homosexuels sont des gens bizarres qui se baladent à poil et se caressent en public. Ce qui est bien évidemment faux, mais n’en constitue pas moins un préjugé homophobe.

Les bobos sont incapables de choquer aujourd’hui. Parce que leur victoire intellectuelle est à ce point totale (seul le petit village de la réacosphère résiste encore et toujours sur l’internet) que leurs normes sont devenus celles de la société. Et du coup, voir des mecs à poil se toucher le cul pendant une heure, ça ne fait ni réfléchir ni progresser, ça fait juste chier.
Par contre, choquer est passé de l’autre coté de la barrière. On se souvient de la réaction des antiracistes, bien-pensants et autres nuisibles de tout acabits après les propos d’Eric Zemmour qui avait déclaré que les races existaient…

Bref, les bobos prétendent que c’est bien de choquer, alors qu’en fait ce sont les gardiens de l’ordre moral. Rien de neuf sous le soleil me direz-vous.
Certes.
Les bobos veulent lutter contre l’homophobie mais font tout ce qu’ils peuvent pour maintenir les préjugés à l’égard des homosexuels, avant de nous enquiquiner avec des pubs à la noix disant que cette fille est une fille qui aime les filles mais que cette fille qui aime les filles n’aime pas les filles qui n’aiment pas les filles qui aiment les filles. Rien de bien nouveau ?
Je vous le concède.

Et alors ?

Je hais mon époque. Je hais ce règne de la médiocrité et de la bêtise. Je hais les faux-culs et les vrais connards qui peuplent les plateaux de télévision et nous imposent leurs nuisances. Je hais cette époque où la secrétaire générale du second parti de France peut expliquer que le premier guatémaltèque ou népalais venu, pour peu qu’il soit républicain, est plus français que moi.
Et je n’ai plus qu’un seul espoir : voir le système s’effondrer de la façon la plus violente et la plus artistique possible. Et que tous ces connards, les Martine Aubry, les Eric Besson, les Dominique Wolton, les Hervé le Bras, les Vincent Cespedes, finissent la gueule défoncée à coups de bottes en disant qu’ils ne comprennent pas.


jeudi 12 novembre 2009

Le matérialisme pour tous

« Trois Quick, dont deux à Marseille n’ont pas résisté à la mode du halal. Bingo ! Ça rapporte gros, très gros même, parce qu’en l’espace de quelques semaines les enseignes ainsi halalisées ont doublé leur chiffre d’affaires. » (C’est .)

C’est peut-être ça la solution. Certains espèrent sauver l’Occident en passant du Mozart à fond pour faire fuir les racailles (à voir le dernier article de Nicolas sur ILYS), d’autres prônent la guerre et la haine. Mais en fait, peut-être que ce qu’il faut, au final, c’est les faire devenir comme nous. Des morts-vivants.
Ce sera la victoire posthume de l’Occident. Celle par laquelle nous prouverons au monde que nous sommes bel et bien la civilisation la plus glorieuse de toute l’histoire de l’Humanité : même en crevant, nous nous débrouillons pour empoissonner nos ennemis. Le venin de la consommation, du matérialisme à outrance et de la bêtise est déjà en eux.
Et il en fera la même chose que nous : des abrutis, des médiocres, qui ne font qu’attendre la mort.

Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens beaucoup mieux tout d’un coup.


mercredi 11 novembre 2009

Nature humaine


- Quand on regarde toute la vie de la planète, nous, je veux dire l’être humain, on n’est là que depuis deux battements de paupière. Donc si ce virus nous emporte tous, ce sera ça le retour à la normalité. […]
- Je ne vous ai pas présenté notre sergent new age, notre gourou. Dites-moi Farell, qu’est-ce que vous êtes venu faire dans l’armée, vous pouvez me le dire ? Voilà ce que moi j’ai vu en quatre semaines de contamination : des humains tuant des humains. Et c’est ce que j’ai vu les quatre semaines qui ont précédés la contamination, et les quatre précédentes, et presque toutes les semaines depuis aussi longtemps que je me rappelle ; des humains tuant des humains. Et c’est ça qui dans mon esprit est l’état de normalité authentique.
28 Days Later, Danny Boyle.