- Les slogans de l’extrême-droite sont stupides. Vraiment, stupides. J’ai honte de vous les traduire tellement ils sont stupides. Franchement, je ne comprends pas qu’on puisse y adhérer.Et oui mon gars. Tu ne comprends pas. Et en même temps, tu viens de traiter une part non négligeable de tes concitoyens – ceux qui votent pour cette « extrême-droite » avec laquelle tu nous bassine les oreilles – de « stupides ».
Ne me demandez pas ce que je fais là, mais il se trouve que je me suis retrouvé embarqué dans une conférence sur la montée de l’extrême-droite, le sous-entendu logique étant : comment lutter contre. Enfin bref, je me retrouve sur un siège super confortable à écouter des gens super intelligents venus des quatre coins de l‘Europe nous parler du danger représenté par l’extrême-droite.
Une chercheuse allemande – je suppose qu’elle doit être sociologue ou un truc dans le genre – nous fait toute une description de l’extrême-droite européenne d’aujourd’hui, son idéologie, ses méthodes. Chose étrange, elle n’a pas un mot pour parler de l’internet. Elle nous parle du refus du multiculturalisme, des stratégies d’européanisation, mais rien sur le terrain privilégié de progression de l’extrême-droite aujourd’hui. C’est une belle femme. Elle doit avoir dans les trente-cinq ans, blonde. Rien ne me permet de l’affirmer avec certitude, mais j’ai le sentiment qu’elle fait partie de ces allemandes modernes qui ne font pas d’enfant. Pour leur carrière.
- En France, pendant la guerre, il y a eu la division Charlemagne, des français qui ont servis sous l’uniforme SS pour se battre au coté des allemands, notamment sur le front russe.
Tiens, on ne parle plus anglais tout d’un coup. Ah, oui, un français a pris la parole. Nettement moins agréable à regarder celui-là d’ailleurs.
- Une fois démobilisé, les membres de cette division ont formés une multitude de groupes d’extrême-droite qui, dans les années 70, se sont regroupés pour former le Front National. Et aujourd’hui que Jean-Marie Le Pen est trop vieux, ces groupuscules se reforment.
Et vlan ! Un reducto ad hitlerum comme on n’en fait plus depuis longtemps. En plus, c’est complètement faux. Quel lien entre la Division Charlemagne et le mouvement poujadiste ? Aucun. Quel lien entre celui-ci et les groupes comme Occident ? Aucun. Et quel lien entre Occident et la nouvelle extrême-droite d’aujourd’hui, celle du Bloc Identitaire, d’Egalité et Réconciliation ou de François Desouche ? Aucun. Le seul lien qu’on pourrait trouver est par la Nouvelle Droite d’Alain de Benoist, mais celle-ci n’a jamais été qu’un mouvement purement intellectuel. Vous imaginez Alain de Benoist ou Hank en hooligans, vous ?
Ce type n’a pas la moindre idée de ce dont il parle. C’est un ignorant complet. Il se contente de déverser sa logorrhée verbale gauchiste. Cet homme est la personnification par excellence de la pensée dominante. Lui, et celui du début qui estimait que tous ceux qui ne pensent pas comme lui sont des crétins. Il n’y a guère que la sociologue allemande qui relève un peu le niveau, et pas seulement du point de vue physique : même si elle est à coté de la plaque sur pas mal de points, elle n’en a pas moins menée une véritable étude sur les groupuscules d’extrême-droite d’outre-Rhin. Etude incomplète, étude qui manque le plus important, mais c’est toujours mieux que les élucubrations des autres.
Un américain prend la parole. Je ne comprends pas très bien ce qu’il fout là, mais il commence par nous passer une petite vidéo de deux minutes. Des images de Martin Luther King. I have a dream. Mais quel est l’intérêt de cette vidéo ? J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour King, qui a su libérer les siens d’une tyrannie raciste ignoble, mais pourquoi nous montrer cette succession d’images ? Tiens, l’américain commence à parler.
- Vous les européens, vous avez oublié les leçons de Martin Luther King. C’est vous qui êtes responsable de l’esclavage, autant que les américains. Même ceux qui n’y ont pas directement participé. Par exemple, le fer qui servait à faire les chaînes des esclaves était acheté à la Suède.
Mais de quoi ce type et-il en train de parler ? Les européens n’ont pas tiré les leçons de King ? Mais peut-être bien parce qu’il était américain, non ? King est un produit de l’histoire américaine, qui concerne les Etats-Unis. Il y avait de la ségrégation en France peut-être ? Pendant que King luttait pour ses droits, un noir était numéro deux de l’Etat français, le genre de détails que monsieur le gauchiste amerloque a de toute évidence oublié.
Pause-déjeuner.
En tant que participant à la conférence, j’ai droit à un repas gratuit. J’insiste bien sur le fait que je n’ai rien payé, tout m’a été gracieusement offert par la mairie, comme pour tous les participants. Un serveur en nœud papillon m’indique une table où m’assoir. On me sert des plats absolument succulents. Le vin est offert. J’ignore tout du nom des plats qu’on m’a servit, mais ils étaient excellents. Les loufiats en smoking apportent successivement les plats, et finissent par le café. J’en prends deux, c’est une condition nécessaire si je ne veux pas m’endormir sur ma chaise.
Tout, pour tout le monde, a été payé par la mairie.
« En 1789 ils ne devaient pas se douter que Versailles existerait encore aujourd’hui dans les collectivités locales. » C’est Marie-Thérèse Bouchard qui me dit ça quand je lui raconte la blague qui m’a fait office de journée.
Cette fille a, comme toujours, mille fois raisons.
Toute cette conférence est indécente. Si le FN voulait faire une caricature de ce qu’est un sommet contre l’extrême-droite, je ne suis pas sûr qu’ils oseraient aller jusque là.
Et pendant ce temps là, à quelques centaines de mètres, des gens vivent dans la rue. Pendant que je me fais servir des mets succulents, des gens perdent leur emploi et voient leurs moyens d’existence menacés.
Désormais, c’est groupe de travail. Je me retrouve, avec une amie, à la table de l’allemande, avec une autre allemande, aussi bandante que la première malgré ses dix ans de plus. Personne d’autre ne vient, c’est une table sans traducteur, tout se fait en anglais. La médiocrité de l’enseignement des langues étrangères en France fait peur à voir. On parle de l’extrême-droite. Je dis ce que j’ai à dire. Je ne parle pas d’internet, pas par stratégie mais par oubli, mais essaie de leur expliquer que la meilleure opération de promotion du Front National de ces dernières semaines était le match Algérie-Egypte. Que si l’extrême-droite monte, ce n’est pas parce que les gens sont racistes ou fascistes, mais parce qu’ils veulent garder leur identité. Qu’il y a des gens qui souffrent du multiculturalisme, des enfants qui se font agresser dans la cour de récréation parce qu’ils sont blancs et blond. Je dois expliquer à mon amie que le débat sur l’identité national, avec la promotion du multiculturalisme et de l’immigration par le gouvernement qui va avec, fait hurler de rire toute l’extrême-droite française, et n’est absolument pas une opération de débauchage des dernières voix du Front National.Et ces dames, expertes ou supposées tel, de l’extrême-droite, qui travaillent et vont donner des conférences dans des pays étrangers sur le sujet, apprennent des choses. Je leur apprends des choses. Alors qu’il suffit de lire le blog francophone qui a la plus large audience, Desouche en l’occurrence, pour le savoir.
Ces gens ne comprennent rien. Ils vivent coupés du monde dans leurs conférences payées par le contribuable, servis par des loufiats, protégés par des vigiles et par la police. Ils sont entre eux, vivent entre eux, parlent entre eux, et n’ont pas la moindre idée de ce qui se passe dans le monde réel.
Je n’ai même plus la force des les haïr. Je n’ai même plus l’envie de leur souhaiter de finir piétinés par une foule en colère. Je n’arrive même plus à rêver de voir ces deux femmes tester à répétition et contre leur gré la supériorité du sperme issu de la diversité.
En une journée, elles ont réussie à me casser le moral.
Ce pays est foutu. On ne le sauvera pas contre son gré, et il n’a aucune envie d’être sauvé. Au contraire, l’Occident tout entier cours vers le précipice en chantant.
Une autre femme débarque. Elle est la preuve vivante que la ménopause n’empêche en rien une femme d’être belle. Et ses fringues doivent valoir à peu près autant que six mois de mon budget nourriture.
- J’ai toujours combattu le racisme et l’antisémitisme, qu’elle me dit. Depuis que je suis étudiante. Alors quand j’ai su que cette conférence avait lieu, je me suis inscrite immédiatement. Malheureusement, je n’ai pas pu ne pas aller au travail ce matin.
Je lui souris. Elle me regarde avec un air attendris. Pendant un moment, je me demande si je ne devrais pas essayer de mettre en avant mes origines diverses pour gagner ses faveurs. Mais je ne le fait pas. Non pas que coucher avec une femme qui a l’âge et les opinions politiques de ma mère me pose problème, mais je n’ose pas essayer. Pas les couilles, comme on dit. Cette femme restera un fantasme, ce qui aurait pu être si j’étais un Casanova. Bah, j’y survivrai.
Et là, j’ai l’illumination. Toutes ces étudiantes que vous voyez militer à la FSE, à l’UNEF, ou à ATTAC, et bien elles finissent là. Elles sont prof, avocates ou journalistes, elles s’habillent et se maquillent de façon à rester belle, votent socialiste et, afin de prouver qu’elles gardent leurs idéaux de jeunesse, vont de temps en temps à des conférences contre la faim dans le monde, le capitalisme ou le racisme.
Punaise, j’aurais au moins appris ça.
Fin des groupes de travail. Chaque modérateur présente ses conclusions. Les conneries habituelles. Lutter contre la discrimination. Ne pas tenir de discours politique qui puisse prêter le flan à l’extrême-droite. Ces gens ne comprennent toujours rien. Ce ne sont pas les discours qui sont d’extrême-droite, c’est la réalité. Tous les discours du monde ne peuvent rien faire contre le fait que des voitures aient brûlées par centaines et que des magasins aient été pillés pour fêter la victoire de l’Algérie. A un moment, j’éclate de rire en silence tout seul dans mon coin. L’allemande du début vient d’expliquer que pour lutter contre l’extrême-droite, il faut faire baisser le chômage et la pauvreté. Trop fort, non ? J’imagine que nos gouvernants n’y avaient pas pensés.
Une femme, trop vieille pour moi, prend la parole pour dire que le problème, en période de crise, c’est que les gens oublient les droits de l’homme, ils oublient d’être tolérants. Et oui ma vieille, quand les gens ont faim, quand les gens ont du mal à nourrir leurs enfants, le genre de chose que tu n’as pas dû beaucoup connaître dans ta vie vu le prix de tes fringues, ils oublient d’être tolérants. Le premier des droits de l’homme, c’est de manger, comme disait Chirac.
Mon voisin, un français, se met à me parler.
- Je ne sais pas comment tu fais pour suivre comme ça alors que tout est en anglais. Moi j’ai la traduction, mais toi, t’as rien, tu fais comment ?
Putain de connard. Il ne pourrait pas me vouvoyer ? Je ne connais ce type ni d’Eve, ni d’Adam, mais simplement parce que nous sommes supposés lutter contre l’extrême-droite ensemble, il se permet de me tutoyer. Je le hais. J’espère que ce type verra sa maison brûler avant de se faire lyncher quand la situation aura explosé.
Tiens, ma haine est revenue.
Serais-je à ce point dirigé par ma bite ?
Note : il va de soi que, mise à part les inévitables modifications opérées par ma mémoire et quelques ajustements nécessaires pour faciliter le déroulement narratif, tout ce qui est raconté ci-dessus est rigoureusement exacte.
Ces gens ne comprennent rien. Ils vivent coupés du monde dans leurs conférences payées par le contribuable, servis par des loufiats, protégés par des vigiles et par la police. Ils sont entre eux, vivent entre eux, parlent entre eux, et n’ont pas la moindre idée de ce qui se passe dans le monde réel.
Je n’ai même plus la force des les haïr. Je n’ai même plus l’envie de leur souhaiter de finir piétinés par une foule en colère. Je n’arrive même plus à rêver de voir ces deux femmes tester à répétition et contre leur gré la supériorité du sperme issu de la diversité.
En une journée, elles ont réussie à me casser le moral.
Ce pays est foutu. On ne le sauvera pas contre son gré, et il n’a aucune envie d’être sauvé. Au contraire, l’Occident tout entier cours vers le précipice en chantant.
Une autre femme débarque. Elle est la preuve vivante que la ménopause n’empêche en rien une femme d’être belle. Et ses fringues doivent valoir à peu près autant que six mois de mon budget nourriture.
- J’ai toujours combattu le racisme et l’antisémitisme, qu’elle me dit. Depuis que je suis étudiante. Alors quand j’ai su que cette conférence avait lieu, je me suis inscrite immédiatement. Malheureusement, je n’ai pas pu ne pas aller au travail ce matin.
Je lui souris. Elle me regarde avec un air attendris. Pendant un moment, je me demande si je ne devrais pas essayer de mettre en avant mes origines diverses pour gagner ses faveurs. Mais je ne le fait pas. Non pas que coucher avec une femme qui a l’âge et les opinions politiques de ma mère me pose problème, mais je n’ose pas essayer. Pas les couilles, comme on dit. Cette femme restera un fantasme, ce qui aurait pu être si j’étais un Casanova. Bah, j’y survivrai.
Et là, j’ai l’illumination. Toutes ces étudiantes que vous voyez militer à la FSE, à l’UNEF, ou à ATTAC, et bien elles finissent là. Elles sont prof, avocates ou journalistes, elles s’habillent et se maquillent de façon à rester belle, votent socialiste et, afin de prouver qu’elles gardent leurs idéaux de jeunesse, vont de temps en temps à des conférences contre la faim dans le monde, le capitalisme ou le racisme.
Punaise, j’aurais au moins appris ça.
Fin des groupes de travail. Chaque modérateur présente ses conclusions. Les conneries habituelles. Lutter contre la discrimination. Ne pas tenir de discours politique qui puisse prêter le flan à l’extrême-droite. Ces gens ne comprennent toujours rien. Ce ne sont pas les discours qui sont d’extrême-droite, c’est la réalité. Tous les discours du monde ne peuvent rien faire contre le fait que des voitures aient brûlées par centaines et que des magasins aient été pillés pour fêter la victoire de l’Algérie. A un moment, j’éclate de rire en silence tout seul dans mon coin. L’allemande du début vient d’expliquer que pour lutter contre l’extrême-droite, il faut faire baisser le chômage et la pauvreté. Trop fort, non ? J’imagine que nos gouvernants n’y avaient pas pensés.
Une femme, trop vieille pour moi, prend la parole pour dire que le problème, en période de crise, c’est que les gens oublient les droits de l’homme, ils oublient d’être tolérants. Et oui ma vieille, quand les gens ont faim, quand les gens ont du mal à nourrir leurs enfants, le genre de chose que tu n’as pas dû beaucoup connaître dans ta vie vu le prix de tes fringues, ils oublient d’être tolérants. Le premier des droits de l’homme, c’est de manger, comme disait Chirac.
Mon voisin, un français, se met à me parler.
- Je ne sais pas comment tu fais pour suivre comme ça alors que tout est en anglais. Moi j’ai la traduction, mais toi, t’as rien, tu fais comment ?
Putain de connard. Il ne pourrait pas me vouvoyer ? Je ne connais ce type ni d’Eve, ni d’Adam, mais simplement parce que nous sommes supposés lutter contre l’extrême-droite ensemble, il se permet de me tutoyer. Je le hais. J’espère que ce type verra sa maison brûler avant de se faire lyncher quand la situation aura explosé.
Tiens, ma haine est revenue.
Serais-je à ce point dirigé par ma bite ?
Note : il va de soi que, mise à part les inévitables modifications opérées par ma mémoire et quelques ajustements nécessaires pour faciliter le déroulement narratif, tout ce qui est raconté ci-dessus est rigoureusement exacte.



